« Le manioc peut libérer le potentiel agricole africain »

La société néerlandaise DADTCO a développé une usine mobile, fournissant une solution au problème des racines de manioc qui périssent pendant le transport sur de grandes distances en Afrique.  Connecter les petits exploitants agricoles de manioc à l’industrie peut transformer le manioc en une culture commerciale.

Bien que le manioc soit l’une des cultures parmi les plus cultivées en Afrique sub-saharienne, elle ne l’est pratiquement pas  sur le plan commercial, à cause des racines qui commencent à pourrir 48 heures après la récolte. La société néerlandaise de développement agricole et de commerce (DADTCO), a cependant développé une usine de traitement mobile pour les  racines de manioc, logée dans un conteneur de 13 mètres. Cette unité  de traitement autonome mobile, dite UTAM,  qui peut être déplacée vers différentes zones où le manioc est produit, transforme les racines fraîches de manioc en un gâteau de manioc qui peut être stocké jusqu’à six mois.  SAB Miller, la deuxième brasserie la plus importante au monde, utilise ce gâteau produit localement  pour brasser la bière « Impala » au Mozambique et la bière « Eagle » au Ghana.

Gagner la confiance des petits exploitants agricoles

Gagner la confiance des petits exploitants agricoles sur le terrain et e, les transformant en des exploitants commerciaux semble cependant être un défi.  « lorsque nous déplaçons notre UTAM vers un nouvel emplacement, certains de nos paysans craignent que nous en revenions jamais », déclare Hubert van Melick, directeur de DADTCO Mozambique.  Il comprend d’où vient la méfiance : « de nombreuses entreprises  et ONG sont venues ici en faisant de belles promesses et elles sont simplement reparties. »  DADTCO s’efforce de regagner leur confiance en les payant en espèces et en étant aussi transparente que possible.

Les maladies touchant les cultures, comme la maladie striée du manioc,  sont des défis supplémentaires pour les exploitants.  Du fait de l’absence d’un marché commercial exempt de maladies, les boutures de manioc n’étaient pas facilement accessibles et les produire et les distribuer aux fermiers prend du temps et de l’argent.  Les fermiers n’ayant pas encore reçu les boutures améliorées, hésitent encore à démarrer la culture du manioc à plus grande échelle.

Abilio Nahura, âgé de 54 ans, qui a reçu des boutures exemptes de maladies il y a deux ans, est toutefois très satisfait.  « Grâce aux boutures améliorées, mon rendement a augmenté de deux  à trente tonnes par hectare », déclare le fermier en affichant un large sourire tout en arrachant ses plants de manioc du sol, en montrant les racines  bien plus importantes.  L’argent supplémentaire lui a permis d’acheter un toit ondule pour sa maison et grâce à l’achat garantit par DADTCO, il va désormais planter plus de manioc et il envisage même de recruter du personnel.
« Le manioc peut libérer le potentiel agricole africain »

Devenir moins dépendant des exportations

Au Nigéria, DADTCO transforme le gâteau en une farine de manioc de haute qualité.  Cela peut remplacer jusqu’à 10 % de la farine de blé dans le pain et peut être utilisé comme substitut de la farine de blé dans les biscuits et est considéré comme étant une bonne matière première à utiliser dans les produits ne contenant pas de gluten, pendant que l’amidon de manioc peut être utilisé dans les cubes de condiments, les sauces et les soupes.

Étant  donné que le blé ne pousse presque pas en Afrique à cause du climat, en passant au manioc, le continent peut devenir moins dépendant des exportations.  Cependant, les importateurs provenant des É.U.A, d’Inde et de Grèce, basés au Nigéria, essayent d’éviter cela par tous les moyens, rapporte Suzanne Vlakved, gestionnaire de chaîne de DADTCO.

De la farine de manioc en farine de blé

Heureusement, le gouvernement nigérian commence à voir les avantages d’être le plus grand producteur de manioc en Afrique, en n’important plus 3,5 millions de blé par an, mais en passant autant que possible à la farine de manioc.  Le gouvernement  a exigé que cette farine ne contienne que dix pour cent de farine de manioc, ouvrant ainsi un nouveau marché pour DADTCO.  L’entreprise dirige désormais six  UTAM qui achètent le manioc à environ 12, 000 exploitants et fournit aux deux usines de production de farine de manioc, dirigées également par DADTCO.

DADTCO examine aussi, la manière dont le gâteau de manioc peut être transformé en sirops et sorbitol à base de manioc couramment utilisés dans le dentifrice, les édulcorants et les cosmétiques et elle prévoit de se développer en Angola, Cameroun, Rwanda et Zambie.  Vlakveld : « Nous pensons que le manioc peut être la culture pour libérer le potentiel agricole de l’Afrique ».

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