Entrepreneurs africains, levez-vous !

Les entrepreneurs africains avaient jusqu’au 1er mars 2016 pour faire leurs demandes de financements de lancement, de formations, de mentorat ou de mise en relation avec d’autres entrepreneurs auprès du Programme Tony Elumelu pour l’entreprenariat. Club Africa a rencontré Madame Parminder Vir, PDG de la Fondation Tony Elumelu, afin de comprendre le « pourquoi » de cette audacieuse initiative.

L’entrepreneur et homme d’affaires nigérian Tony Elumelu s’est donné 10 ans pour identifier 10.000 entrepreneurs africains susceptibles de changer la donne. Depuis 2015, 1.000 entrepreneurs sont sélectionnés chaque année par le biais d’un programme auquel 20.000 entrepreneurs de 52 pays africains ont posé leur candidature en 2015. Monsieur Elumelu se donne pour ambition de créer un million d’emplois grâce à ces entrepreneurs, contribuant ainsi au développement socio-économique de l’Afrique. Par le biais de sa Fondation Tony Elumelu, il a déjà investi près de 80 millions d’euros dans le Programme Tony Elumelu pour l’entreprenariat (#TEEP2016).

Les Africains doivent prendre le développement de l’Afrique en main

Parminder Vir a rejoint la fondation au mois d'avril 2014, après une carrière de productrice de films et d’experte dans les investissements dans les médias au Royaume-Uni, au Nigéria, en Inde et sur divers marchés émergeants. Elle dit avoir été séduite par la philosophie de « l’Africapitalisme » de Monsieur Elumelu. « Je suis intimement convaincue que ce sont les Africains qui doivent prendre le développement de l’Afrique en main », explique Monsieur Elumelu. « Les Africains, et plus particulièrement le secteur privé en Afrique, doivent montrer l’exemple grâce à leur impact sur le développement et la société. L’aide au développement ne suffit plus, l’Afrique a besoin d’investissements ».

Madame Parminder Vir explique qu’elle a également été conquise par le concept d’institutionnalisation de la chance développé par Monsieur Elumelu. « Durant sa carrière, Monsieur Elumelu a pu constater que des opportunités étaient offertes, mais qu’elles devaient également être saisies. Tout au long de son trajet, il a rencontré des gens qui croyaient en lui et le soutenaient. Beaucoup ont dit que sa réussite était à mettre sur le compte de la chance, ce qui l’a encouragé à trouver un moyen d’institutionnaliser la chance afin que d’autres personnes, en particulier les jeunes, puissent prendre leur destin en main. Les start-ups et les entreprises sont le poumon de l’Afrique ; ce sont elles qui vont porter la croissance économique et le développement du continent ».

Formation permanente

« Mon rôle consistait à mettre au point le Programme Tony Elumelu pour l’entreprenariat. En tant qu’entrepreneuse et que mentor, j’avais déjà participé à de nombreux programmes d’accélération. J’aurais tout à fait pu calquer un modèle déjà existant. Mais je suis convaincue que l’Afrique doit créer sa propre marque. Je souhaitais créer quelque chose avec les Africains et pour les Africains. En tant qu’entrepreneuse, je sais combien il est important d’améliorer en permanence ses compétences et d’avoir accès à des informations à jour, aux conseils de mentors et à des réseaux aussi bien en ligne que dans le monde réel. Sans oublier les capitaux, bien entendu. Mais si ces conditions ne sont pas réunies, c’est de l’argent jeté par les fenêtres ».

En 2015, le Programme Tony Elumelu pour l’entreprenariat a reçu 20.217 candidatures venant de tous les pays africains à l’exception de la Lybie et de l’Érythrée. À la grande surprise de l’équipe, la plupart des candidatures (23%) venaient d’exploitants agricoles. 24% des candidats étaient des femmes. Dans la sélection finale des entrepreneurs, 29% étaient des entrepreneuses. Presque la moitié des candidats (45%) étaient âgés de 28 à 37 ans, ce qui en dit long sur la nécessité de créer des emplois pour les jeunes africains.

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