Les start-ups africaines à l’assaut des marchés asiatiques

Après avoir fait ses preuves à Hong Kong, l’investisseur de capital à risque Nest est sur le point de déployer son écosystème constitué de capitaux et d’activités de gestion, d’intelligence stratégique  et de soutien créatif aux quatre coins du monde. Sa prochaine destination ? Nairobi au Kenya. « Nest va permettre à des start-ups africaines prometteuses de partir à la conquête de marchés asiatiques auxquels elles ne pourraient normalement pas accéder », explique Aaron Fu, le directeur associé pour l’Afrique.

Nest a fait ses premiers pas dans la capitale de la principale économie d’Afrique de l’est à la veille du Sommet mondial de l’entrepreneuriat 2015 organisé à Nairobi au Kenya. « Depuis 2010, Nest investit dans des créateurs de start-ups qui allient inventivité et persévérance dans la mise en œuvre de leurs idées », explique Aaron Fu. « À ce jour, nous avons investi dans 51 entreprises en Asie, aux États-Unis et en Europe. Nous ne nous contentons cependant pas d’apporter des fonds. Selon nos clients, les créateurs des entreprises dans lesquelles nous investissons, nous n’hésitons pas à nous retrousser les manches ! Outre les apports de capitaux aux start-ups, nous proposons également un accès à un vaste réseau de mentors de première classe qui prodiguent des conseils stratégiques aux créateurs. Nous disposons également d’une équipe hautement qualifiée pour toutes les questions juridiques, financières ou ayant trait à la gestion des ressources humaines ».

Quelle est la prochaine étape ?

Selon Aaron Fu, qui  a vécu et travaillé à Nairobi pendant une année avant de rejoindre Nest début 2015, le moment est propice pour investir dans les start-ups africaines. « Chez Nest, nous nous concentrons sur les start-ups technologiques, et plus particulièrement sur la technologie financière, la technologie de la santé et l’Internet des choses. Par exemple, à Hong Kong, nous avons investi, en collaboration avec l’assureur AIA, dans une start-up appelée Heartisans dont l’équipe a conçu un algorithme permettant de prévoir une attaque cardiaque dans les 10 minutes qui suivent. L’Afrique avance également à grands pas dans le domaine des technologies financières. Par exemple, le Kenya a adopté directement l’argent mobile sans passer par la case « cartes de crédit ». Que nous réserve l’avenir ? À travers le continent, nous constatons l’apparition d’écoles formant des développeurs, des programmeurs et des entrepreneurs, comme par exemple la Moringa School, Coders4Africa et MEST. Devant cette profusion de futurs créateurs potentiels d’entreprises, Nest souhaite prendre les devants et exploiter ce vivier d’idées brillantes qu’est l’écosystème émergent des start-ups en Afrique ».

Accès aux marchés asiatiques

Les start-ups africaines sont particulièrement intéressées par l’accès aux marchés asiatiques proposé par Nest. Comme Aaron Fu l’explique, « nombre des solutions développées par les start-ups à Hong Kong sont destinées aux marchés développés et pourraient trouver leur place dans des pays d’Europe occidentale. Par contre, la plupart des innovations kényanes sont destinées au bas de la pyramide et, aussi étrange que cela puisse paraître, conviendraient beaucoup mieux aux marchés asiatiques émergents tels que le Vietnam, l’Indonésie ou le Cambodge qu’à l’Angola. Cependant, les entrepreneurs kényans nouent plus facilement des relations avec des collègues nigérians, sénégalais ou ghanéens qu’avec des partenaires potentiels en Asie. Le fait que plusieurs entreprises dans lesquelles nous avons investi sont déjà présentes sur les marchés asiatiques nous permet de proposer aux entrepreneurs africains un accès à ce marché et de les aider à introduire leurs idées sur un autre continent ».

Moins de concurrence, plus de coopération

« Au Kenya, la concurrence laisse de plus en plus la place à un esprit de coopération », constate Aaron Fu lorsqu’il compare les écosystèmes dans lesquels les start-ups évoluent à Nairobi et à Hong Kong. « Tout le monde est d’avis que plus l’écosystème compte de participants, mieux il fonctionne. Nest souhaite être l’investisseur privilégié des start-ups ayant des idées brillantes et flexibles, aussi bien en Afrique qu’à Hong Kong où cela est déjà le cas ! ».

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